
Depuis bientôt vingt numéros, Plato nous propose tous les deux mois un contenu de qualité, basé, entre autre, sur des critiques objectives, des interviews qui suivent l'actualité et des reportages très intéressants.
Du format papier habituel, le magazine est passé depuis quelques mois au format PDF. Pourquoi ce changement ? C'est à cette question, et à quelques autres, que Didier Delhez, son sympathique rédacteur en chef, a accepté de répondre dans l'interview qui suit.
Bonjour Didier. Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Et bien je suis principalement l'heureux papa de deux garçons de moins en moins petits, accessoirement graphiste, et parallèlement éditeur de Plato. Je réside à Namur, en Belgique.
Parle nous un peu de Plato.
Il s'agit d'un magazine sans prétention qui cherche juste à parler du sujet léger que constitue le jeu de société. On essaie d'y maintenir un ton sympa, plutôt relax.

Comment t'es venue l'idée de créer ce magazine ?
D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours créé des fanzines, puis des
magazines. Il faut bien avouer qu'ils ont tous eu une durée de vie assez
courte, mais à chaque fois c'était un pas supplémentaire fait vers une forme de
professionnalisme. À une époque, j'éditais un petit magazine musical assez
pointu (sur la musique industrielle) et j'adorais me trouver au centre de toute
cette gestion, d'être en contact avec les labels musicaux, les artistes,
d'aller aux concerts... Je suis arrivé à un moment où tout cela me manquait,
l'aspect gestion je veux dire, et aussi trouver un défouloir dans mon travail.
Être graphiste, c'est souvent être un exécutant auquel on laisse peu de marge
de manœuvre. J'ai donc cherché un sujet qui m'intéressait, j'ai préparé une
maquette, j'ai ramassé 800 adresses d'éditeurs et de distributeurs à travers le
monde, j'ai réuni une équipe et publié un numéro 0, qui a été envoyé à tout le
monde. De suite, toute une série d'éditeurs nous ont aidé, pour d'autres ça a
été beaucoup plus long à venir. Il en reste qui nous nient avec un certain
savoir-faire aussi, mais qu'importe 
Combien de personnes collaborent avec toi ?
Ça fluctue, ça change, surtout en ce moment, mais je dirais qu'on est une bonne dizaine à être vraiment actifs, plus quelques autres de façon plus épisodique.

Comment sont-elles "recrutées" ?
Au départ, c'était une simple annonce sur le forum de Tric Trac, en 2005. Aujourd'hui, on vient à notre rencontre par courrier électronique. Ou alors ce sont les amis des copains. Nous sommes ouverts à tout et à tous. Tant que ce sont des bénévoles, bien sûr. Nous n'avons aucun budget.
Pourrais-tu nous décrire le processus de création d'un numéro de Plato ?
Nous disposons d'un forum privé où tout se fait. Nous ne nous rencontrons ni ne nous téléphonons jamais. Les idées y sont lancées et débattues. Puis de tout cela, j'en tire un chemin de fer que l'on va ensuite essayer de respecter, tant bien que mal. Mais rien n'est jamais figé, et même jusqu'au jour avant publication, il arrive qu'on remplace des articles, qu'on en ajoute ou qu'on en supprime. Il faut être réactif et imaginatif. Pour ma part, je m'occupe de la gestion au quotidien, de la gestion du flux des textes (réception, envoi en correction) et de la mise en page. Mais sans l'équipe qui conseille, recommande et écrit, il serait impossible que Plato voit le jour.
Les éditeurs et/ou les auteurs de jeux vous soutiennent-ils ? Si oui, de quelle manière ?
Tous non, mais ceux qui nous soutiennent nous envoient leurs nouveautés. Ce n'est malheureusement pas systématique, beaucoup oublient. Mais une simple demande de notre part et, en général, le jeu nous est envoyé en service de presse. Il faut avouer qu'envoyer un jeu comme seul cout est bien peu de chose par rapport au fait d'être vu et lu par 3000 lecteurs (le double au moins si on compte le nombre de lecteurs par exemplaire unique).

Pour quelles raisons le magazine est-il passé au format PDF ?
Des questions de rentabilité tout simplement. L'impression et l'envoi postal coutent affreusement cher. Alors quand l'activité ne ramène pas de quoi couvrir tous les frais, on espère un temps, puis il faut se rendre à l'évidence et revoir sa copie.
Quels ont été les retours suite à ce changement de format ?
Il y a ceux qui râlent (une minorité), ceux qui ne disent rien (une grande majorité) et puis beaucoup de bonnes réactions, surtout de la part de toutes les personnes pour qui le format PDF a été l'occasion de nous découvrir. Et, visiblement, ils sont heureusement surpris.
Et sept mois plus tard, quel est le bilan de ce changement ?
Très bon. On ne perd plus d'argent... forcément ! On est tous plus
relax vis-à-vis de cette activité, qui est totalement accessoire
pour
nous tous. On a une plus grande souplesse dans le chemin de fer, moins de
contraintes... Non, franchement, c'est très bien. Et tous les jours, notre site
reçoit de nouvelles inscriptions. Nous allons franchir la barre des 3000 sous
très peu. C'est encourageant.
Doit-on s'attendre à des changements, dans le fond ou dans la forme, pour les numéros à venir (comme par exemple de nouvelles rubriques, etc.) ?
Des nouvelles rubriques, pourquoi pas, mais ce n'est pas une priorité. Si on nous en propose, on les étudiera avec attention en tout cas. Du côté du graphisme, j'aimerais m'attaquer à une nouvelle maquette, mais le temps me manque, car mes activités professionnelles me mangent tout mon temps. Tous les deux mois, je peine à en dégager pour m'atteler à Plato, mais j'y arrive toujours... aux forceps.

Après plus de deux ans et bientôt 20 numéros d'existence, de quoi es-tu le plus fier ? Et y'a-t-il quelque chose que tu regrettes ?
Je regrette de n'avoir pas été plus lucide dès le départ sur les possibilités financière du milieu du jeu de société. Mais j'ai appris, et c'est une erreur que je ne commettrai plus dans d'autres domaines.
Ce dont je suis le plus fier, c'est que Plato soit considéré comme un
magazine pro, sérieux, qui a un certain impact. Cela transparait dans les
messages qu'on reçoit, pour toute raison, et où on s'adresse à nous comme à un
média qui compte. C'est bête, mais cela flatte mon ego. C'est agréable 
À titre personnel, quels sont les jeux que tu apprécies particulièrement ?
J'ai été un amateur de gros jeux par le passé. Aujourd'hui j'aime plus les jeux familiaux ou relativement légers. Un bon mécanisme, un beau graphisme (déformation professionnelle), et c'est parti...
Et si tu ne devais en garder qu'un seul ?
Torres peut-être... Ou La Vallée des Mammouths s'il s'agit de jouer avec mes enfants. Zut, ça en fait deux.
Désires-tu ajouter quelque chose ?
Remercier une fois encore tous les bénévoles qui bossent ou ont bossé pour que Plato existe. Certains y passent un temps fou, sans rien en retour, sinon un merci. C'est admirable de leur part.
Merci Didier pour le temps que tu as consacré à cette interview ! Et longue vie à Plato, sous quelle que forme que ce soit !
Retrouvez Plato en téléchargement gratuit tous les deux mois sur le site du magazine.
