Essen 2007
Par Sébastien le mardi 23 octobre 2007, 15:18 - Reportages - Lien permanent

Ça y est, mon premier Essen est derrière moi. Après un peu plus de 4 heures de route (merci au GPS, sinon ça aurait pu être bien plus !), nous voici enfin arrivés. Beaucoup de monde à l'entrée, et une fois à l'intérieur, quasiment toutes les tables sont déjà occupées, alors que les portes n'étaient ouvertes que depuis une vingtaine de minutes !
Comme je me l'imaginais, c'était vraiment de la folie : un monde incroyable (j'y étais le samedi, journée de plus forte affluence apparemment), des piles de jeux, parfois aussi grande que moi, à la plupart des stands, toutes les tables occupées, des auteurs qui se promènent dans les allées, des gens qui jouent, faute de place, à même le sol, etc.
Dès notre arrivée, et jusqu'en début d'après-midi, nous avons fait le tour des stands de boutiques, essayant de trouver de bonnes affaires. En fin de compte, outre l'extension de Mr. Jack (et une jolie dédicace de son illustrateur, Pierô), je n'ai pris que Raub Ritter de chez Queen Games en version multilingue à 5 euros. Mon camarade de route s'est un peu plus lâché... il a rempli le coffre de la voiture à lui tout seul ! Le fait que je cherche exclusivement des jeux en français (ils ne sont pas légion sur le salon), que j'habite près de la frontière allemande (donc que je peux facilement aller acheter des jeux de l'autre côté du Rhin), et que les jeux des éditeurs francophones vont sortir en boutique à un prix presque équivalent à ceux du salon, explique mon faible nombre d'achats. Par contre j'ai hésité jusqu'à la dernière minute à craquer pour la version limitée de Caylus, qui est simplement magnifique ! Mais 65 euros pour un seul jeu (que je n'ai en plus jamais eu l'occasion d'essayer), c'est beaucoup...
L'après-midi était réservé pour essayer les nouveautés. Finalement nous n'avons eu le temps de tester que trois jeux : En Garde, El Capitan et Cuba. En raison de l'affluence, quasiment toutes les tables étaient déjà occupées, et les allées tellement bondées qu'il fallait du temps pour aller d'un stand à un autre. C'était pas contre l'occasion de jouer et de passer un très bon moment avec de parfaits inconnus (deux allemands à El Capitan, une brésilienne et un couple croate à Cuba) mais qui partagent la même passion que nous. Ça nous a aussi malheureusement permis de constater que notre maitrise des langues étrangères laissent à désirer comparé aux autres ! En tout cas c'était vraiment très sympathique !
Nous voulions aussi essayer Utopia, qui semblent avoir des
mécanismes intéressants et possède un très beau matériel, mais les deux tables
venaient juste de commencer leurs parties, ou encore Darjeeling, mais
personne ne voulut se joindre à notre table et aucun démonstrateur n'était
disponible pour nous expliquer les règles, ce qui nous a découragé au bout
d'une dizaine de minutes 
Au final je ne regrette vraiment pas d'y être allé, même si je suis un peu déçu de ne pas avoir pu faire tout ce que ce que j'aurai aimé (notamment jouer à L'Année du Dragon, Amyitis ou encore l'extension pour Les Piliers de la Terre) et d'avoir perdu du temps inutilement dans les stands des boutiques.
En tout cas j'y retournerais très probablement l'année prochaine, mais surement pas le samedi (plutôt le vendredi ou le dimanche). J'adopterai également un autre planning : me concentrer sur les jeux, les essayer, les voir jouer, prendre (beaucoup) plus de photos, et laisser les éventuels achats pour la fin de la journée, sans y perdre trop de temps.
Enfin, vous pouvez aller voir mes quelques photos (trop peu nombreuses malheureusement).
Vivement Essen 2008 !
En Garde
En Garde est la réédition du jeu de Reiner Knizia (sorti initialement en 1994, puis en 2004 sous le nom de Duell), en français chez Ferti.
Le matériel est vraiment très beau, avec un décor tout en trois dimensions, des illustrations magnifiques (œuvres de Pierô, tout comme Mr. Jack) et deux figurines en plomb du plus bel effet.
Le jeu simule un duel entre deux épéistes. Les deux figurines sont séparées par 23 cases. Chaque joueur dispose d'une main de cinq cartes, les quinze restantes formant la pioche. Chaque carte a une valeur allant de 1 à 5. À son tour chaque joueur va jouer une ou plusieurs de ses cartes : soit pour se déplacer sur le chemin (en s'approchant ou s'éloignant de son ennemi), soit pour l'attaquer, auquel cas son adversaire doit se défendre avec des cartes équivalentes. Dès qu'un duelliste a subi cinq touches, il perd la partie.
Les règles sont très faciles à comprendre, les parties sont rapides et le matériel très beau. Mais c'est justement là que le bât blesse, car le prix en pâtit (environ 30 euros), pour ce qui reste au final un jeu de cartes.
El Capitan
El Capitan est la réédition de Tycoon de Wolfgang Kramer, en français chez Ystari.
Les illustrations et le design en général sont vraiment magnifiques (même si le nom des ports est un peu difficile à lire quand on est placé du mauvais côté du plateau).
Chaque joueur incarne un marchand méditerranéen du XVème siècle qui va essayer de faire fortune en construisant des entrepôt dans les grands ports de la région (Marseille, Naples, etc.). Le plateau représente neuf ports. Avant de pouvoir construire un entrepôt, le joueur doit naviguer jusqu'à la ville grâce à des cartes de déplacement qu'il achète en début de tour. Selon le port, un entrepôt a un cout différent. Plus il y a d'entrepôt dans une ville, plus les deux marchands qui y sont majoritaires gagnent de l'argent (jusqu'à un certain seuil où cette somme diminue de nouveau). Si un joueur n'a plus assez d'argent il doit obligatoirement en emprunter à la banque (et forcément en rembourser un peu plus le tour suivant, ou beaucoup plus le tour d'après). En fin de partie, le plus riche des marchands gagne la partie.
Le jeu ne m'a pas du tout plu (tout comme à mes trois partenaires de jeu). C'est vraiment un jeu capitaliste : plus j'ai d'argent, plus j'en gagne, et moins j'ai d'argent, moins je peux en gagner, tout en étant obligé d'aller en emprunter à la banque. Comme tout jeu, il demandera une seconde partie pour confirmer cette première impression, mais je suis vraiment déçu (alors qu'il figurait sur ma liste d'achats potentiels, rien qu'à la vue du matériel). Par contre les mécanismes sont parfaitement dans le thème, rien à redire de ce côté-là.
Cuba
Cuba est un jeu de Michael Rieneck et Stefan Stadler (les mêmes auteurs que pour Les Piliers de la Terre), malheureusement uniquement disponible en allemand ou en anglais.
Comme les deux jeux précédents, le matériel est exceptionnel, les illustrations de Michael Menzel sont de toute beauté, les plateaux individuels et les aides de jeux sont en cartons durs, les pions sont classiques (à noter tout de même le pion en forme de bouteille de rhum, amusant et original) mais de bonne facture.
Le jeu prend place dans le Cuba d'avant la révolution. Chaque joueur dispose d'un plateau de jeu individuel sur lequel sont représentés des sources de ressources (bois, pierre et eau) et des champs (de citrons, de cannes à sucre ou de tabac). Un plateau central commun représente La Havane, avec son marché et son port où accostent des bateaux vides qui repartent remplis de marchandises. À son tour chaque jouer va jouer une carte parmi les cinq dont il dispose. Chaque carte est un personnage qui a un pouvoir particulier (le maire, l'architecte, etc.). Le cinquième personnage n'est pas joué, mais sert pour voter de nouvelles lois en fin de manche. Ces lois modifient certains paramètres du jeu. En plus du personnage, un joueur peut également dépenser de l'argent pour acheter des voix. En cours de partie, il est possible de construire des bâtiments qui permettent de manufacturer les produits en marchandises (cigares et rhum), de gagner de l'or ou des points de victoire. Il est également possible de gagner des points de victoire en envoyant des produits et des marchandises sur les bateaux. Le joueur qui a acquis le plus de points de victoire à la fin de la sixième manche remporte la partie.
Les mécanismes sont un mélange entre Puerto Rico et Les Piliers de la Terre. Du premier il hérite des rôles des personnages, des marchandises envoyées par bateaux et des manufactures de matières premières. Du second il reprend le principe des artisans (sous forme de bâtiments) et quelque peu des évènements (sous forme de lois). Le tout donne un jeu très agréable, d'une durée et d'une difficulté moyennes. Dès qu'un éditeur le proposera en français (Filosofia ?), je crois bien qu'il entrera dans ma ludothèque...


